les interventions du groupe POP & Gauche en mouvement
le 7 décembre 2004 lors des débats sur les Mutiplexe du Rôtillon
Mme Evelyne Knecht (POP): – Comme on l’a tous appris par la presse et par ce que M. Hammer nous a annoncé en début de séance, une pétition relative à ce préavis a été déposée. Elle a récolté plus de 2000 signatures en une semaine. Les pétitionnaires ont réussi à nous la transmettre contre vents et marées, mais elle est arrivée et cela n’a pas été facile. Ils posent des questions et émettent des réflexions intéressantes, que l’on ne doit pas ignorer lors du vote sur ce préavis. Je demande donc que l’on écoute d’abord les pétitionnaires, très rapidement, très prochainement, et que l’on reporte ce débat en janvier. Cela me paraît plus juste aussi par rapport à la démarche Quartiers 21, que l’on a tant vantée, ainsi qu’à la volonté d’écouter les citoyens. Il serait dommage qu’ils puissent dire : «De toute façon, ils feront ce qu’ils veulent…». Je dépose donc une motion d’ordre demandant que l’on ne traite pas ce préavis tant que la pétition n’est pas revenue devant notre Conseil. Cela par respect de la démocratie, des citoyens qui ont déposé une pétition et pour notre crédibilité.

Le vote se fait par 40 oui, 40 non et 6 abstentions, vous n’avez pas décidé. Je propose que l’on continue, puisque ma voix donne 41 non.

Mme Evelyne Knecht (POP): – Excusez-moi, Monsieur le Président. Mais étant donné que plus de 2000 personnes ont signé cette pétition, je demande le vote nominal.

La motion d'ordre est refusée, voir vote nominal.

suite de la discussion:

Mme Diane Gilliard (POP): – Je voudrais faire part de ma perplexité à l’égard de ce préavis et de mon envie de voter contre. M. Meystre vient d’évoquer les aspects financiers, les doutes, etc. Doutes sur le promoteur, qui ont occupé les trois quarts de la séance de commission. Voilà un projet qui mêle un peu tout, un projet style hamburger McDo, qui voit un promoteur – dont certains disent qu’il n’est pas tout à fait convaincant – tenter de le réaliser, de gagner des sous avec des appartements de rapport dessus, des cinémas dessous, une garderie, un restaurant entre deux, comme une tranche de jambon. Du point de vue des choix de M. Schilt, j’ai souci aussi. M. Schilt est ministre de la Culture, des Sports et du Patrimoine. Une chose est sûre: il n’y a pas de sport là-dedans, ça, j’ai pu le voir. Mais il y a du patrimoine – le Rôtillon –, puis de la culture, du moins on l’espère, parce que le cinéma, c’est du commerce, mais parfois aussi un peu de culture. Il y a donc là de quoi occuper à la fois la main gauche et la main droite de M. Schilt. J’ai l’impression que sa main droite ignore ce que fait sa main gauche et réciproquement. Et que c’est surtout la main droite du promoteur qui est avancée, dans le but de gagner des sous. La Ville a du patrimoine et il serait bien qu’il rapporte quelques sous. Surtout au promoteur, d’ailleurs. Enfin, je pense que c’est à cet effet qu’il le fait. On ne se préoccupe pas du contenu, on fait juste un projet avec du cinéma pour faire du fric. Cela me dérange énormément. Personnellement – comme tout le groupe POP, je crois – je ne voterai pas ce préavis.

M. Alain Hubler (POP): – Je me sens quelque peu mal à l’aise de parler, une fois de plus, du quartier du Rôtillon puisque, c’est de notoriété publique, je fais partie du comité référendaire contre l’aménagement du Rôtillon. Mais ce que je vais dire n’a rien à y voir. Je suis bien plus mal à l’aise du fait que l’on demande à ce Conseil communal, qui représente la population lausannoise, de voter la tête dans le sac un projet douteux, avec des investisseurs inconnus. Je vais être simple. Quand un Lausannois se présente pour louer un appartement, on lui demande toutes sortes de garanties •nancières. Il se trouve que là, nous ne les connaissons pas. Pour ma part, et pour le POP, voter la tête dans le sac un préavis qui joue avec l’argent des contribuables est une chose que nous ne ferons pas.

Mme Evelyne Knecht (POP): – Je vais revenir brièvement sur le cinéma. Tous les milieux du cinéma sont opposés à ce projet. Non seulement les exploitants, car par milieux du cinéma, je n’entends pas restreindre leur engagement à une simple histoire de concurrence. Ils y sont opposés parce qu’ils pensent que ce projet n’est pas viable. Ils disent qu’il est impossible de rentabiliser un cinéma à cet endroit et je crois qu’ils parlent en connaissance de cause. Je leur fais confiance. Si ce groupe, inconnu aujourd’hui, fait faillite, qu’en est-il pour le contribuable lausannois? Vous n’avez pas répondu, Monsieur Schilt… M. Meystre nous a annoncé que ce serait aux frais de Rôtillon-Promotion SA. Est-elle assez solide pour assumer un éventuel échec financier?

nous n'avons pas été entendus et 15 mois plus tard, suite logique des choses: 24h du 23 mars 2006

Amendement garderie:

Mme Andrea Eggli (POP): – J’ai une question à poser. On a beaucoup parlé d’une garderie dans ce lot. Dans la description d’un des immeubles, comprenant un complexe de cinémas, une partie commerciale et des logements, cette garderie n’y est plus. Je voudrais savoir pourquoi. Peut-être pourrait-on dès lors l’ajouter?
M. Jean-Jacques Schilt, municipal, directeur de la Culture, des Sports et du Patrimoine: – Pour qu’il y ait une garderie, il faut qu’il y ait un exploitant, quelqu’un qui en assume la responsabilité et qui, concrètement, signe un bail avec le propriétaire. Actuellement, des discussions sont en cours et n’ont encore pas abouti. C’est pour cela que nous avons été prudents dans le texte. On a dit «probablement une garderie». Mais une garderie, en aménagement du territoire, est considérée comme local commercial. Elle est donc englobée dans ce point. Je ne vous cache pas que le promoteur souhaite qu’il y en ait une, mais il ne va pas l’exploiter lui-même. Pour le moment, il n’a pas trouvé une personne prenant la responsabilité de signer un bail et de gérer cette garderie. (…)
Mme Andrea Eggli (POP): – Nous souhaitons vous présenter un amendement à la conclusion No 1, soit : Amendement 1.
- d’octroyer un droit distinct et permanent de super•cie à Rôtillon-Promotion SA, grevant 920 m2 environ de la parcelle No 10’680 sise à la rue du Rôtillon 7 /rue Centrale 34, pour la construction d’un immeuble comprenant un complexe de cinémas, une partie commerciale dont une garderie et des logements, cela aux conditions •gurant dans le préavis No 2004/29 de la Municipalité, du 8 juillet 2004.

Par 50 voix pour, 28 contre et 10 abstentions, le Conseil a accepté l’amendement
de Mme Andrea Eggli.