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La Suisse est un petit pays au relief tourmenté; l'oeil y butte fréquemment sur des obstacles tels que chaînes de montagne, forêts ou constructions humaines. Rares sont les lieux où le regard peut s'échapper jusqu'à un horizon si lointain qu'il en devient incertain.
Si vous êtes sur la grande prairie à l'ouest du parc Bourget, à côté du chemin qui longe la Chamberonne, et que vous regardez en direction de Genève, votre regard découvre un lac aux allures océaniques. Souvent ciel et eau se rejoignent et se fondent, laissant tout l'espace à l'imagination et au rêve.
Certains dimanches d'été, il semble que tout Lausanne se déverse sur ces quelques kilomètres carrés, ce qui ne peut s'expliquer que par la magie émanant de ce lieu.
Plusieurs nids de verdure se suivent, entre une forêt qui par endroit se la joue amazonienne, et une grève que le service d'entretien nourrit chaque printemps de quelques camions de sable fin.
Les adeptes du farniente comme les sportifs, les grilleurs de saucisses comme les baigneurs, tous ces mondes cohabitent avec une urbanité rarement prise en défaut.
Lausanne, le bourg provincial de mon enfance s'est transformé en une cité cosmopolite.
Lieu de ralliement de la mixité sociale aussi bien qu'ethnique, j'y perçois d'un seul coup d'oeil la diversité lausannoise, et donc sa richesse.
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