Interview de Elena Torriani
Pourquoi te présenter à la Municipalité et quelles sont les priorités que tu veux défendre ?
Tout d’abord, j’ai un intérêt important à la vie et à l’organisation de la cité comme habitante de Lausanne. Par mon expérience de conseillère communale à Renens, j’ai saisi l’importance des débats et des décisions prises sur la vie de tous les jours des habitants d’une ville. Malheureusement, le taux de participation reste bas. La population n’a pas conscience qu’elle peut, par le biais d’élections communales, influencer et orienter certains aspects, ses aspirations et faire défendre ses droits.
Durant cette campagne électorale, je souhaite pouvoir mettre en débat certains sujets trop souvent mis de côté lors des élections et qui préoccupe pourtant une partie de la jeunesse.
Je pense que la politique culturelle de la ville doit davantage prendre en compte les lieux et les activités dits alternatifs. La tendance actuelle est à la démolition ou à la rénovation d’immeubles dans lesquels des jeunes ont trouvé un logement à coût moindre (fortement appréciable en regard de la politique actuelle du logement) et où des activités culturelles riches et intéressantes se développent avec des synergies importantes (peinture, sculpture, musique, théâtre, lieu de rencontre et de fête). Ces espaces de créativité ont le droit et se doivent d’avoir une place reconnue au sein de la cité. Ils offrent à des jeunes l’accès gratuit à une culture non régie par la valeur marchande.
Pour finir, je pense qu’il faut que la ville adopte une réelle politique d’intégration culturelle envers les migrants et favoriser un environnement propice à cela. A travers mon métier, je suis en contact régulier avec une population métissée avec parfois des problèmes socio-économiques importants qui sont laissé pour compte. Nos institutions doivent soutenir financièrement et reconnaître le travail effectué par les associations qui oeuvrent dans ces domaines et continuer à élargir ces services et ces prestations
Tu crois qu’il est possible de changer la vie à travers une participation dans les institutions ?
Je pense que les habitants d’une ville ne doivent pas tout attendre des institutions et croire que mettre un bulletin dans une urne suffit. Chaque citoyen est responsable de l’avenir de sa ville, de son quartier, de son lieu de vie. La politique ne se limite pas aux institutions et n’est pas le seul moyen d’action et de changement.
Lorsqu’il existe une pression populaire à travers des mouvements, les élus se doivent d’en tenir compte et d’être les relais des désirs et des volontés des gens.
La participation du POP à la Municipalité et au conseil communal est importante car elle représente les désirs et les volontés d’une partie de la population non négligeable qui a le droit d’être représentée dans nos institutions. De plus, il est indispensable que Lausanne conserve une majorité de gauche pour poursuivre sa politique sociale et d’intégration mais davantage combative.
Lausanne a une majorité rose-verte depuis quelques lustres, quelles sont tes critiques de popiste à son égard ?
Certains dossiers ont été mis de côté et n’étaient pas considérés comme importants ou faute de ressources financières suffisantes. Certains compromis avec la droite sont évidents mais il ne faut oublié que l’on a été élu sur des idées et qu’il est essentiel de tenir ces engagements, que des électeurs nous font confiance. Il faut rester intègre et consulter la base de son parti le plus souvent possible