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Interview de Jean-Michel Dolivo
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Pourquoi te présenter à la Municipalité et quelles sont les priorités que tu veux défendre ? |
| Ma candidature sinscrit dans un projet plus ambitieux, sur le plan collectif évidemment, qui lui donne son sens : utiliser toutes les occasions possibles pour stimuler la résistance à loffensive néo-libérale en cours depuis des décennies, avec les dégâts sociaux, écologiques et humains quelle entraîne. La division des salarié-e-s entre eux est au cur de cette stratégie de la droite. Précaires contre « réguliers », salarié-e-s contre rentiers AI ou AVS, suisses contre étrangers. Régulariser les sans-papiers, refuser les expulsions des requérants dasile déboutés, ne pas céder un pouce de terrain aux xénophobes, cest, dans cette perspective, faire uvre utile à tous et à toutes. |
| Tu crois quil est possible de changer la vie à travers une participation dans les institutions ? |
| Non, pas vraiment. La mobilisation des uns et des autres, en défense de leurs droits, de leur dignité et de leurs intérêts matériels aussi, voilà ce qui change la vie, qui créé des espaces de liberté et de solidarité. La présence institutionnelle doit se mettre au service de ces mouvements-là, et si nécessaire leur frayer la voie, à travers la défense de leurs revendications et la création de conditions dexistence qui permettent tout simplement aux femmes et aux hommes davoir une véritable existence sociale. Sur un fond de fortes augmentations des inégalités sociales, nous sommes toujours dans une situation où une partie des salarié-e-s souffre de devoir trop travailler, alors quune autre souffre de ne pouvoir travailler. Travailler moins pour travailler tous serait déjà un sacré changement dans la vie de millions de personnes dans ce pays. La présence dans les institutions peut montrer quil sagit daller dans ce sens. |
| Lausanne a une majorité rose-verte depuis quelques lustres, quelles sont tes critiques de popiste à son égard ? |
Même si les mesures antisociales ne se sont pas multipliées quotidiennement, la facilité avec laquelle la Municipalité sest glissée dans la peau du grippe-sou obsédé par le déséquilibre budgétaire est étonnante. Invoquant à chaque fois les sacro-saintes « contraintes financières » elle na pas hésité à supprimer ici certaines aides sociales, là à diminuer le salaire à lembauche, ailleurs ralentir la réalisation dinfrastructures nécessaires et attendues par la population. Sans pour autant cesser des faire des courbettes, fiscales ou autres, aux entreprises qui ont eu ou auraient lextrême bienveillance de jeter leur dévolu sur Lausanne. Quà loccasion de ces exercices déconomies, elle ait elle-même jeté au feu le « dialogue social » dont elle se voulait le chantre, en dit long sur son mimétisme politique. Nous, nous annonçons clairement la couleur ; dautres préfèrent jouer les caméléons et passent du rose au vert de gris. Cest démobilisateur, trompeur et ne réjouis finalement que ceux qui attendent tranquillement de récolter les fruits du « tous pourris » provoqué par cette attitude.
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