Un wagon de plus pour le petit train de l'extrême gauche
COMMUNALES 2006 · L'avocat Jean-Michel Dolivo est candidat à l'Exécutif lausannois. Son union avec le POP change la donne à gauche.
La famille de l'extrême gauche lausannoise se rassemble. Du moins en partie, et pour le temps des élections communales de mars 2006. Le mouvement «Solidarités - Collectif pour une alliance socialiste» fera liste commune avec le POP (Parti ouvrier populaire), pour l'exécutif comme pour le parlement de la ville de Lausanne. Hier en conférence de presse, le nouveau candidat à la municipalité de Lausanne, Jean-Michel Dolivo s'est présenté aux côtés des trois autres candidats déjà dévoilés par le POP en août (Marc Vuilleumier, Alain Hubler et Elena Torriani).
Militant de longue date, l'avocat Jean-Michel Dolivo s'illustre comme défenseur des sans-papiers et des requérants d'asile. Début 2003, la formation d'obédience trotskiste «Solidarités» se scinde en deux nouvelles formations: le «Mouvement pour le socialisme» (MPS) autour de Charles-André Udry et le «Collectif pour une alliance socialiste» (CAS) autour de Jean-Michel Dolivo. La deuxième a depuis ajouté l'appellation «Solidarités».
1000 VOIX LES SÉPARAIENT
Contrairement au MPS, Solidarités-CAS avait participé aux élections fédérales de 2003. Forte de 4,7% des suffrages sur la commune de Lausanne, la liste que Jean-Michel Dolivo menait se classait à un cheveu derrière celle du PDC, par exemple. Le POP, lui, engrangeait alors 10,5% des suffrages. D'autres comparaisons montrent le poids électoral de Jean-Michel Dolivo. A Lausanne, il recueillait sous son nom plus de 3800 voix, se détachant nettement de ses colistiers. Et le même jour, Marc Vuilleumier comptabilisait 1000 voix de moins que Jean-Michel Dolivo. Sur la liste POP, il était troisième derrière Josef Zisyadis et Marianne Huguenin. Un constat: même s'ils tournent le dos aux élections pour préférer les mouvements sociaux, certains héritiers du trotskisme ont un poids électoral, au moins aux yeux de leurs cousins popistes.
«Nous fustigeons l'absence de combativité de la gauche molle devant la déferlante néolibérale.» Deux ans plus tard, sur cette la liste d'union de l'extrême gauche lausannoise, Jean-Michel Dolivo n'a donc pas qu'un strapontin, pour cette présence inédite au niveau communal. En apportant des voix aux popistes, il pourrait augmenter leurs chances de retrouver le siège que Bernard Métraux avait occupé entre 1995 et 2001, après un demi-siècle d'éclipse totale du POP à l'exécutif.
POP: «POSITION DE FORCE»
Les verts et les socialistes ne sont pas paniqués par l'apparition de Jean-Michel Dolivo dans la course: le risque est minime qu'il concurrence leurs candidats au second tour de l'élection à l'exécutif. En revanche, la force qu'il représente fait dire à Marc Vuilleumier: «Nous, popistes, cela nous met en position de force pour négocier avec les verts et les socialistes en vue du second tour.» Car avec cette nouvelle union, l'extrême gauche pourrait voir sa représentation (actuellement 10 popistes sur 100 élus) légèrement augmenter au parlement de la ville. Sur la liste que la gauche aura à présenter pour conserver sa majorité à l'heure du second tour, les places sont donc plus chères depuis hier. Si l'extrême gauche peut revendiquer son siège perdu, les verts, malgré leur progression attendue en mars 2006, auront de la peine à briguer un nouveau siège, à côté de Daniel Brélaz. Mais c'est chez les socialistes, qui comptent désormais une nouvelle menace sur leur gauche, que la question sera plus déchirante: renonceront-ils après le premier tour à revendiquer le troisième siège qu'ils ont perdu en 2000? I
Marc Vuilleumier et Jean-Michel Dolivo font liste commune pour les élections communales de mars 2006.