il faut brûler l'accord de la Honte
place de la Riponne, le 14 juin 2005


En 1802, les paysans vaudois ont brûlé les titres féodaux qui leur refusaient tout droit.
Ces « brûle-papiers » (les Bourla-Papey) refusaient cette loi inhumaine.

Un peu plus de deux siècles plus tard, des Bourla-Papeys d’un autre temps ont brûlé le texte d’un accord qui niait à un millier de requérantEs d’asile, les droits d’être traités de façon légale, et celui d’obtenir un statut.

Cet accord, passé le 28 mai 2004 entre le Conseil d’Etat vaudois et le Département Fédéral de Justice et Police, renonçait à un examen équitable et individuel des dossiers de personnes correspondant pourtant, aux critères de régularisation. Le Conseil d’Etat s’engageait à appliquer les mesures de contraintes pour les personnes qui refuseraient de rentrer d’elles-mêmes.

Depuis une année, les associations de défense des migrants, les artistes, les églises, le Grand Conseil dans sa majorité, Amnesty internationnal, de nombreux représentants des partis, de nombreux citoyens, des juristes se sont mobilisés pour dire non à cette pratique arbitraire.

Le Conseil d’Etat continue de s’en remettre aux décisions fédérales, qu’il souhaite appliquer avec zèle et acharnement. En traitant ces personnes de faux réfugiés, en usant de pratiques rappelant avec effroi, celles de régimes totalitaires.

Cet accord passé en 2004 est devenu caduque. La population n’accepte pas cet accord inhumain, et le temps passé à le dire devrait inciter notre gouvernement à le reconnaître.

Aujourd’hui, un cortège de quelques centaines de personnes, coloré de parapluies et défilant « à la polonaise » derrière un panneaux porté tel un cercueil, s’est allongé de Montbenon à la Palud. C’est là que l’accord de la Honte, transporté jusque là, a été brûlé devant le Grand Conseil, au son de la mélodie de notre « vieux chalet », Là-haut, sur la colline, l’est un gouvernement. Là-bas, sous la coupole, on leur a rit au nez. Ici à la Riponne, quand le peuple l’a su…. Ce soir, à la Riponne, l’accord on l’a brûlé.

La lutte continue.

Karine Clerc Ulloa
gauchebdo du 17 juin 2005