En 1802, les paysans vaudois ont brûlé les titres féodaux qui leur refusaient tout droit.
Ces « brûle-papiers » (les Bourla-Papey) refusaient cette loi inhumaine.
Un peu plus de deux siècles plus tard, des Bourla-Papeys dun autre temps ont brûlé le texte dun accord qui niait à un millier de requérantEs dasile, les droits dêtre traités de façon légale, et celui dobtenir un statut.
Cet accord, passé le 28 mai 2004 entre le Conseil dEtat vaudois et le Département Fédéral de Justice et Police, renonçait à un examen équitable et individuel des dossiers de personnes correspondant pourtant, aux critères de régularisation. Le Conseil dEtat sengageait à appliquer les mesures de contraintes pour les personnes qui refuseraient de rentrer delles-mêmes.
Depuis une année, les associations de défense des migrants, les artistes, les églises, le Grand Conseil dans sa majorité, Amnesty internationnal, de nombreux représentants des partis, de nombreux citoyens, des juristes se sont mobilisés pour dire non à cette pratique arbitraire.
Le Conseil dEtat continue de sen remettre aux décisions fédérales, quil souhaite appliquer avec zèle et acharnement. En traitant ces personnes de faux réfugiés, en usant de pratiques rappelant avec effroi, celles de régimes totalitaires.
Cet accord passé en 2004 est devenu caduque. La population naccepte pas cet accord inhumain, et le temps passé à le dire devrait inciter notre gouvernement à le reconnaître.
Aujourdhui, un cortège de quelques centaines de personnes, coloré de parapluies et défilant « à la polonaise » derrière un panneaux porté tel un cercueil, sest allongé de Montbenon à la Palud. Cest là que laccord de la Honte, transporté jusque là, a été brûlé devant le Grand Conseil, au son de la mélodie de notre « vieux chalet », Là-haut, sur la colline, lest un gouvernement. Là-bas, sous la coupole, on leur a rit au nez. Ici à la Riponne, quand le peuple la su
. Ce soir, à la Riponne, laccord on la brûlé.
La lutte continue.
Karine Clerc Ulloa
gauchebdo du 17 juin 2005
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